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 Histoire des Archives

L’histoire des Archives départementales du Gers

Les Archives départementales du Gers ont été instituées par la loi du 5 brumaire an 5 (26 octobre 1796), prescrivant le transfert au chef-lieu de chaque département des archives conservées dans les districts (circonscriptions ayant précédé les arrondissements) : « Les administrations centrales de département feront rassembler dans le chef-lieu du département tous les titres et papiers dépendant des dépôts appartenant à la République ».

Les bâtiments des origines à 2005

L’organisation des archives dans le département du Gers fut très progressive.

Les documents furent laissés entassés dans les combles des bâtiments de l’ancien hôtel de l’Intendance devenue en l’an 8 (1800) la Préfecture (actuelle Poste) et sans opérations de classement jusqu’en 1810, date à laquelle un employé fut chargé de s’y consacrer.

Ces locaux furent très tôt insuffisants. Un rapport de 1865 fait état d’un local « peu solide, humide et vulnérable à l’incendie » de combles « traversés par des charpentes qui rendent la circulation impossible », de salles de commission du Conseil départemental servant « depuis des années de dépôt », de petites pièces dont le nombre et la diversité « nuisent au bon classement et rendent impossible l’application du règlement des archives ». L’accent était surtout mis sur les risques d’incendie « depuis l’hôtel lui-même, mais aussi depuis les maisons contiguës et, vu le peu de largeur de la rue, depuis les maisons situées du côté opposé… Les archives sont traversées par un grand nombre de cheminées dont la présence est incontestablement un danger ».

Craintes d’autant plus justifiées que le 19e siècle fut celui de nombreux incendies de préfectures. La construction d’un bâtiment d’archives avait été en vain réclamée par le préfet au Conseil départemental . En 1894, à la suite d’un rapport de l’architecte départemental présenté deux ans plus tôt, les Archives furent transférées dans l’ancienne gendarmerie, proche de l’actuelle place Jean Dours (devant la Maison de Gascogne).

Ces locaux n’étaient guère mieux adaptés : en 1895, un dégât des eaux fut occasionné par un violent orage, une évacuation étant bouchée : 15 à 20 centimètres d’eau envahirent les salles réservées aux séries P, R, S, T, U, V, X, Y et (ce qui était bien moins grave) « les papiers destinées au pilon », avec « une forte odeur de vase ». Fort heureusement « aucun document important n’a été atteint ».

En 1905, l’archiviste départemental insistait sur l’humidité des locaux qui détériorait des dossiers empilés à même le sol faute de place, la nécessité de réparer de toute urgence des murs tombant en ruine et le ministre de l’Instruction publique écrivait au préfet du Gers : « Le dépôt actuel… est tellement gagné par l’encombrement que, malgré l’élimination des papiers hors d’usage, il devient impossible d’y maintenir l’ordre et d’y accueillir tout nouveau versement ».

En 1913, les Archives furent installées dans des locaux du Grand Séminaire attribués au département en application de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Elles y demeurèrent jusqu’en 1950, année de leur déménagement dans l’ancien Carmel, 14, rue Edgar Quinet (historiquement le second, le premier étant la Bibliothèque municipale), cédé par la Ville d’Auch au Conseil départemental .

Devenu lui aussi très rapidement insuffisant, cet édifice fut complété dans un premier temps par l’adjonction d’un bâtiment sommaire, en béton et toiture en fibrociment, sans faux plafond, dénommé « petite annexe », particulièrement insalubre et exposé aux chocs thermiques (courants d’air glacé l’hiver et température élevée l’été), puis, dans les années 1970-1980, par la construction d’une seconde annexe construite en deux tranches et sur deux niveaux sur un terrain situé 106 bis, avenue de la Première armée française, soit quatre magasins d’archives et quatre salles de travail et de classement.

En 1988, le directeur des Archives établit un premier programme de construction d’un nouveau bâtiment spécialement conçu pour conserver des documents, qui fut alors soumis à la direction des Archives de France, mais ce projet demeura dix ans sans suite.

En 1998, le Conseil départemental manifesta sa volonté de lancer dès la même année les études préalables à la réinstallation des Archives. Dans l’intervalle, le directeur des Archives s’était employé à écarter diverses propositions : implantation dans la basse ville, à l’ancien hôpital, bel édifice, mais inondé en 1977 ; à l’ancien bâtiment de la SEITA, également situé dans la zone alors inondée ; restructuration du bâtiment du 14 rue Edgar Quinet, qui eût été aussitôt saturé, sans possibilité d’extension ; implantation au 106 bis avenue de la Première armée française, sur des parcelles à acquérir pour permettre un agrandissement de l’annexe, mais très malcommodes d’accès et de tracé complexe ; enfin, transfert en un lieu éloigné du chef-lieu du département, incompatible avec un fonctionnement rationnel du service.

La seule hypothèse de travail raisonnable, retenue par le Conseil départemental , était de construire un bâtiment neuf sur une zone non inondable mais situé dans la ville, avec la possibilité d’effectuer des extensions ultérieures. Le choix d’un terrain de 9179 m2 situé en arrière du site de l’hôtel du département fut arrêté. Le concours d’architecture qui fut ouvert en 1999-2000 retint le cabinet toulousain « Séquences ».

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 Les nouvelles Archives du département

Le nouveau bâtiment, présentant plus de 6480 m2 de surface utile, a été construit de 2001 à 2003. La Ville d’Auch ayant demandé la prise en compte de l’environnement urbain généralement construit à un seul étage, les magasins d’archives, d’une capacité totale de 23 000 ml, furent répartis sur deux niveaux, le rez-de-chaussée et le sous-sol, l’étage étant réservé aux fonctions administratives et aux ateliers.

Le plan, équilibré, affecte la forme d’une croix, le bras longitudinal étant occupé par les magasins et le bras latéral réservé, à droite aux fonctions d’accueil du public et d’animation culturelle et à gauche à celles d’accueil et de traitement des entrées de documents.

Les zones d’accueil et de recherche pour le public comprennent, autour du hall d’entrée, des espaces culturels : salle d’expositions d’environ 130 m2, salle de conférences de 55 places, service éducatif d’une trentaine de places et une vaste salle de lecture de plus de 345 m2 comprenant des espaces pour la lecture des documents, avec des places munies de prises pour l’utilisation d’ordinateurs portables ou câblées pour de futures consultations en ligne, pour la lecture des microfilms, pour la consultation des plans sous protection vitrée, des usuels, des fichiers et inventaires, soit au total 62 places. Elle est complétée par un espace de reprographie et une salle des instances (documents en attente de communication, rayonnages réservés à la conservation de dossiers documentaires ou de fiches). Le public dispose dans le hall de vestiaires, de consignes, de toilettes, d’un local à usage d’infirmerie avec lit de repos, d’un défibrillateur cardiaque, de distributeurs d’eau et de boissons chaudes et d’un espace détente.

La zone de réception des documents possède un quai d’arrivée couvert, avec élévateur, deux locaux de réception des entrées, un local de dépoussiérage équipé d’un aspirateur spécial et d’un aérateur, un local pour le pilon et une salle de classement de plus de 165 m2 complétée par une salle d’environ 30 m2 formant réserve de boîtes d’archives et autres conditionnements.

A l’étage sont disposés, à l’est du bâtiment, sur 380 m2 la zone administrative : direction, secrétariat, archives du service, reprographie, salle de réunions internes, bureaux, local infirmerie et de détente du personnel (réfectoire, espace café) et à l’ouest, sur un peu moins de 350 m2, les ateliers de préparation des expositions, de photographie, microfilmage et numérisation, de reliure et de restauration, avec leurs cellules de stockage spécifique.

Les magasins d’archives disposent d’une double enveloppe (murs extérieur et intérieur séparés par une galerie technique permettant le passage de gaines et assurant une régulation climatique). Ils sont répartis entre magasins de conservation traditionnelle et magasins présentant des équipements spéciaux (conservation des cartes, plans et documents iconographiques, des plaques photographiques et clichés, des microformes, cassettes sonores et audiovisuelles et supports numériques).

Pour des raisons de sécurité, le transformateur, les tableaux électriques et la chaufferie sont placés à l’extérieur du bâtiment et les installations de traitement et de régulation de l’air, sur des terrasses ou sous la toiture dont la charpente est métallique. L’ensemble des installations est muni de détecteurs pour la prévention anti-incendie, d’extracteurs de fumées et d’un système anti-intrusion (alarmes, surveillance des accès et des locaux ouverts au public par caméras).

Le bâtiment a été ouvert au public au mois de février 2006.

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 Les archivistes départementaux du Gers

- De 1810 à 1853, des employés de la Préfecture furent chargés de gérer les Archives : MM. GASTEBOIS, puis GROS.

- De 1853 à 1858 :

CASSAIGNOLLES (Laurent), 1853-1856 (à titre provisoire) ;

DUPRAT (Pierre-Louis), 1856-1858, conseiller de préfecture ;

HIELARD (Louis), juillet 1858, ancien élève de l’Ecole des Chartes (promotion de 1855) (ne prit pas possession de son poste).

- De 1858 à 1899 :

NIEL (Gabriel), 1858-1865, sur examen professionnel ;

TARBOURIECH (Amédée), 1865-1870, érudit, Archiviste municipal et départemental bénévole ;

DUSAN (Bruno), 1870-1871, décédé deux mois après son arrivée à Auch ;

COUTURE (Abbé Léonce), 1871-1874, ancien auditeur à l’Ecole des Chartes, grand érudit, Archiviste municipal puis départemental bénévole ;

PARFOURU (Paul), 1874-1890, ancien élève de l’Ecole des Chartes, (promotion de 1874) ;

TIERNY (Paul), 1891-1899, ancien élève de l’Ecole des Chartes (promotion de 1888), licencié en droit ; chevalier de la Légion d’Honneur, officier d’Académie ; l’un des membres fondateurs de la Société archéologique du Gers.

- De 1899 à 1934 :

PAGEL (René), 1899-1934, ancien élève de l’Ecole des Chartes (promotion de 1875) ; chevalier de la Légion d’Honneur (à titre militaire), croix de guerre 1914-1918 ; secrétaire de la Société archéologique du Gers, 1900-1924.

- De 1935 à 1945 :

Une période d’instabilité pour les Archives du département ; intérim assuré de 1935 à 1938 par Michel LE GRAND, Archiviste du département des Landes, puis, en 1938-1939, par Benjamin FAUCHER, Archiviste de la Haute-Garonne et par Maurice DURAND-BARTHEZ, Archiviste-adjoint de la Haute-Garonne, tous trois issus de l’Ecole des Chartes ;

METMAN (Yves), 1940-1941, ancien élève de l’Ecole des Chartes (promotion de 1939), licencié ès Lettres ;

HERZOG (Emile), 1941-1945, Archiviste départemental du Haut-Rhin, expulsé d’Alsace par les Allemands, délégué dans les fonctions d’Archiviste du Gers.

- Depuis 1945 :

POLGE (Henri), 1948-1978, ancien élève de l’Ecole des Chartes (promotion de 1947), conservateur des musées d’Auch et du Gers, vice-président de la Société archéologique du Gers ;

LEMEE (Bernard), 1978-1986, ancien élève de l’Ecole des Chartes (promotion de 1953), chevalier des Arts et des Lettres ;

DEBOFLE (Pierre), 1987-2011, ancien élève de l’Ecole des Chartes (promotion de 1974), licencié et docteur en histoire, conservateur en chef du patrimoine, chevalier des Palmes académiques, officier des Arts et des Lettres ; secrétaire général de la Société archéologique du Gers.

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Archives départementales du Gers - 81 route de Pessan BP 21 - 32001 AUCH CEDEX
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